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 Résistance au colonialisme en Amérique du Nord: Entretien avec la fondatrice de Mohawk Nation News…

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MessageSujet: Résistance au colonialisme en Amérique du Nord: Entretien avec la fondatrice de Mohawk Nation News…   Ven 30 Mai - 21:46

http://resistance71.wordpress.com/2013/08/12/resistance-au-colonialisme-en-amerique-du-nord-entretien-avec-la-fondatrice-de-mohawk-nation-news/

Résistance au colonialisme en Amérique du Nord: Entretien avec la fondatrice de Mohawk Nation News…

Un entretien avec la fondatrice (74 ans…) de Mohawk Nation News, dont nous traduisons un certain nombre de textes au fur et à mesure, par la radio "La Voix de la Russie". Mohawk Nation News est un organe militant de presse Mohawk qui a été créé lors de la crise et du siège d’Oka en 1990. Il est depuis devenu la voix des Warriors de la nation Mohawk au sein de la confédération iroquoise.

Cet entretien militant nous familiarise plus avant avec la situation colonialiste canadienne (et états-unienne) et indique clairement ce que sont le Canada et les Etats-Unis: des entreprises ne rendant de compte qu’à leurs maîtres banquiers offshore, créées pour piller le "nouveau monde" au profit du petit nombre en générant un génocide qui continue de nos jours… Sortons de notre mauvaise foi arrogante et rejoignons ces nations dans leur lutte pour une véritable auto-détermination. Le salut de la planète et de nos sociétés passe par là.



Les nations autochtones des Amériques sont en guerre contre le terrorisme depuis 1492 !!

– Résistance 71 –


~ Traduit de l’anglais par Résistance 71 ~



Beaucoup de peuples indigènes d’Amérique du Nord ont appelé le continent “l’île de la grande tortue”. Une grande partie de leur philosophie avancée et de leur culture incluent une constitution complexe et extrèmement développée appelée “la grande voie”. La nation Mohawk (partie de la confédération iroquoise) était responsable de maintenir la paix et était les gardiens de la grande loi qui était supposée non seulement amener la paix en amérique du Nord, mais aussi au monde entier. Kahentinetha Horn a parlé à John Robles au sujet de l’histoire de la nation Mohawk, de la culture amérindienne, des croyances et des problèmes actuels d’importance pour les peuples de ‘l’île de la grande tortue”.

Je suis John Robles. Je discute aujourd’hui avec Kahentinetha Horn, elle est une des seniors de la nation Mohawk, aujourd’hui âgée de 74 ans et membre du clan de l’ours. Elle est aussi l’éditrice du site internet d’information Mohawk Nation News (1990) de la communauté de Kahnawake, nation Mohawk (NdT: localisée au sud-ouest de Montréal au Québec, Canada) de l’île de la grande tortue.

Robles: Hello Kahentinetha! Comment allez-vous ?

Kahentinetha: (parle en Mohawk: "Enchantée de pouvoir discuter avec vous; nous avons beaucoup à vous dire au sujet de ce que nous faisons sur l’île de la grande tortue. Notre grande loi de la paix est la voie de la paix fondée sur notre compréhension de la grande puissance naturelle kasatstensera kowa sa oiera)

Robles: Pouvez-vous traduire cela pour nous SVP ?

Kahentinetha: Ceci est ma formule polie d’introduction en Mohawk et j’ai présenté l’île de la grande tortue, ce qui est le nom que nous donnons à toute l’Amérique du Nord, nous ne l’appelons jamais “Amérique du Nord” mais toujours “l’île de la grande tortue”. Les peuples qui vivent originellement sur l’île de la grande tortue sont Ongwehongwe ce qui veut dire “les véritables personnes de l’île de la grande tortue” ; nous poursuivons ainsi: nous avons développé une constitution appelée Kaiainashako:wa, qui veut dire la grande voie et qui est la voie de la paix. Notre philosophie est fondée sur notre compréhension et notre intuition du monde naturel. Ceci en dit un peu plus à notre sujet.

Robles: OK, comme tous les amérindiens, les bases des croyances sont: le respect de la nature et du grand esprit. Pouvez-vous nous en dire un peu plus sur la nation Mohawk en particulier et ce que vous faites pour promouvoir les problèmes qui sont de première importance aux nations indigènes ?

Kahentinetha: Les Mohawks, connus sous le nom de Kanien:kehaka, sont les “gardiens de la porte orientale de l’île de la grande tortue”. Ainsi, nous sommes à l’Est et nous fûmes placés là par la grande puissance de la nature. C’est là où nous sommes. Et notre fonction est de voir les autres personnes qui arriveraient par l’Est. C’est pourquoi nous sommes appelés les gardiens de la porte orientale (NdT: Les gardiens de la porte ouest, occidentale sont la nation iroquoise Cayuga…). Nous avons traversé toute la partie Est de l’île de la grande tortue du nord au sud. Nous avons beaucoup voyagé et nous avons rencontré beaucoup d’autres nations indigènes et nous avons appris à nous connaître. Nous avons forgé des amitiés et des alliances qui demeurent jusqu’à aujourd’hui. Il y avait des centaines et des centaines de nations autochtones. Les Mohawks eurent la responsabilité de maintenir la paix. Nous devons toujours faire cela à cause de la loi de la grande paix (constitution iroquoise), qui représente notre philosophie, nous fûmes les premiers à l’accepter et parce que nous avons été les premiers à le faire, nous avons toujours été responsables de faire respecter la paix, qui est l’essence même de la Grande Loi de la Paix.

Elle amène la paix non seulement sur l’île de la grande tortue, mais à travers le monde. C’est pourquoi cette loi fut donnée à nos peuples. Les Mohawks ont cette… vous savez… Nous le ressentons au tréfond de nous-mêmes. Nous sommes les aigles perchés au sommet de l’arbre de la paix et nous observons si un danger survient, si cela se produit, nous donnons un cri d’alarme à nos peuples, un cri très perçant. C’est pourquoi Mohawk Nation News est aussi venu à exister… J’ai été élevée Mohawk et je n’ai parlé que Mohawk jusqu’à l’âge de 10 ans…

Robles: Merveilleux!

Kahentinetha: Ensuite, j’ai dû apprendre à parler anglais. Donc, en 1990, nous défendions la terre (NdT: référence ici à la crise d’Oka ou pendant plusieurs mois, les Mohawk Warriors furent assiégés par la Sûreté du Québec puis l’armée canadienne, pour refuser de laisser des terres sacrées être transformées en parcours de golf par la municipalité d’Oka…). Les femmes sont ce que nous appelons “les légataires de la Terre” parce que nous sommes liées à la terre et nous sommes des créateurs, des génitrices et nous conservons la terre pour les générations futures, qui ne sont pas encore ici.

Les femmes sont celles qui ont les enfants, qui portent les enfants et les hommes ont le devoir de protéger les femmes et les enfants entre autres devoirs. Ils imitent la responsabilité du soleil: donner de la chaleur, donner une protection, aider à produire la nourriture et enseigner aux enfants, tout ceci afin d’être nos diplomates, nos professeurs et de rencontrer d’autres natifs.

Les femmes: Nos responsabilités viennent de quoi que ce soit que fait la terre, créer des enfants, aider à cultiver la nourriture, nourrir les enfants, les élever, les aider à devenir les avocats de la grande loi de la paix. Il y a un équilibre homme, femme, pas un mâle ou patriarche ou femelle matriarche, il y a un équilibre entre l’homme et la femme.

Robles: Dans la plupart des tribus, les femmes choisissent les leaders parce qu’elles connaissent les caractères des enfants. Est-ce vrai également pour les Mohawks ?

Kahentinetha: Oui. Parce que les gens ont un “feu”, nous avons le feu individuel de chacun qui est ce qui est en nous. C’est notre intuition, notre esprit, notre énergie, ce qui s’appelle le “feu de la vie”. Et nous avons aussi le “feu de la famille” qui est celui des gens proches de nous, puis de la famille étendue, puis de la communauté, puis du clan et puis cela s’étend à la nation, puis finalement cela s’étend à la confédération que nous avons formée.

Ainsi, toutes ces relations sont connectées, toutes circulaires et au centre se trouve moi-même par exemple. Je suis au centre, tous ces autres cercles autour de moi, ils sont tous mes connexions. Ainsi ma responsabilité est dans l’immédiat celle de mes enfants.

Quand un clan sélectionne quelqu’un pour devenir un leader, ou pour nous représenter ou pour être un porte-parole.. nous n’avons pas de leaders, il n’y a pas de leader parce que nous sommes tous égaux, nous sommes tous égaux et avons tous une voix. Donc, ce qui se passe c’est quà la fois les hommes et les femmes, “les personnes”, ont un feu, le feu des hommes et le feu des femmes et les hommes et les femmes ont un feu commun, nous nous réuinissons et nous allons faire une sélection de quelqu’un qui parlera pour nous, nous ne les appelons pas leaders, nous les appelons portes-parole.

Et donc les portes-parole nous représentent ce jour là seulement, seulement ce jour en question. Et les femmes le diront aux chefs et elles diront: “Voici la personne que nous avons sélectionnée et c’est la personne qui parlera pour nous ce jour.” Donc, c’est très différent du type de situation que vous avez, vous voyez…. (rires)

Robles: Bien sûr ! Comme je l’ai compris, les démocraties occidentales ont été fondées sur la loi indienne et les relations indiennes entre les nations et les tribus et les clans. En Europe, ils avaient les monarchies, il n’y avait pas un tel concept de démocratie.

Kahentinetha:

Non, il n’y en avait pas. Et ils ne comprennent toujours pas ce qu’est la véritable démocratie.. Ils appellent cela démocratie, ils se nomment des démocraties libérales, mais en fait, nous voyons cela comme étant très autocrate, c’est un système de gouvernement très hiérarchique et autocrate avec quelqu’un en haut et tout le monde en dessous qui obéit à cette personne au sommet. Ceci est à l’opposé complet de notre système.

Je veux dire que notre système est un peu comme une pyramide inversée ; les gens sont ceux qui prennent les décisions et nous avons des critères à suivre: paix, rectitude et pouvoir et tout cela vient de notre philosophie. Nous devons y penser, nous devons faire en sorte que cela soit et savoir ce qu’il faut pour demeurer en paix, l’équilibre entre nous et disons des adversaires, et bien nous devons trouver une façon d’équilibrer la relation avec qui que ce soit de nos adversaires. S’ils ne veulent pas être en paix avec nous et suivre la grande loi de la paix, alors nous devons les combattre.

Robles: Quel conseil pourriez-vous donner aux actuels leaders mondiaux pour résoudre les problèmes sur la planète ?

Horn: Et bien, la grande loi de la paix est là, c’est notre philosophie. Ils pourraient suivre les racines de la paix à la source, s’assoir et prendre l’ombre sous l’arbre de la paix et apprendre au sujet de la grande loi. C’est ce que nous faisons, c’est ce que nous essayons de faire valoir et de faire pénétrer dans les esprits des gens autour du monde.

La guerre n’est pas nécessaire. La guerre fait partie de la gestion du monde; il y a des gens qui veulent encore et toujours plus d’argent et pour ce faire, ils créent les guerres et c’est une guerre sans fin, et ils veulent toujours plus d’argent, ils veulent les ressources et les ressources qu’ils veulent appartiennent à quelqu’un d’autre, alors ils doivent aller là et créer plus de guerre et commencer à détruire ces gens et les soumettre, ainsi ils s’emparent des terres des indigènes, ils s’emparent des ressources etc et puis, lorsque les gens finissent par se battre en retour, vous savez, un peu comme ici, nous, les peuples autochtones avons été la cible d’un génocide depuis le premier jour de l’arrivée des Européens chez nous, premiers envahisseurs qui ont posés le pied sur cette terre.

Ils nous sont venus et nous leur avons dit, bien, la seule façon pour nous de vivre sur l’île de la grande tortue est que vous suiviez la règle du wampum à deux rangées, ils ont dit: “Qu’est-ce que c’est que çà ?”

Et bien, les deux rangées sont deux voies, les deux voies parallèles et vous devez suivre votre chemin et nous devons suivre le notre et vous devez maintenir vos propres us et coutumes, langage et nous vous montrerons comment vous pouvez vivre ici et vous pourrez avoir vos propres communautés mais vous ne pourrez jamais avoir la terre car cette terre appartient aux générations futures et nous, dans notre canoë, vous dans votre vaisseau, nous descendrons la rivière de la vie et nous maintiendrons toute la terre, l’eau et les ressources qui ne nous appartiennent pas, en fait nous leur appartenons, c’est le monde naturel.

Ainsi, lorsque nous avons eu cette grande paix de Montréal en 1701, toutes les nations de l’île de la grande tortue vinrent pour passer cet accord avec les Français, les Français dirent “c’est d’accord”, nous leur avons dit: “si vous êtes d’accord avec le wampum à deux rangées, alors nous vous autorisons à vivre ici, ceci sera en quelque sorte votre “visa”. Vous pouvez rester, mais si vous violez ce traité, alors vous n’aurez plus aucun droit d’être ici. Cela voudra dire que vous n’êtes pas devenus un esprit avec le notre, vous avez brisé cet accord.”

En même temps, nous allâmes à Albany voir les Angais et ils dirent qu’ils voulaient avoir le même type d’accord que nous avions avec celui de la grande paix de Montréal. Ceci fut signé par 49 nations autochtones pour toutes les nations de l’île de la grande tortue, alors les britanniques acceptèrent et ils l’écrivirent eux-mêmes et l’appelèrent le traité de Nanfan de 1701.

Robles: Mais ils l’ont violé.

Horn: Ils l’ont également brisé. Ceci constituait le seul traité qui jamais donna aux immigrants, ou les envahisseurs, un droit quelconque de vivre ici et ils l’ont violé.

Donc, ils ne sont que des occupants, des occupants illégaux de l’île de la grande tortue aujourd’hui, depuis cette époque jusqu’à aujourd’hui.

De plus, nous n’avons jamais cédé de terres et nous n’avons jamais aandonné nos ressources. Rien, nous n’avons jamais rien cédé simplement parce que nous ne le pouvons pas et ainsi, la corporation, l’entreprise appelée “L’entreprise des Etats-Unis” et “l’entreprise du Canada” furent créées.

La corporation, l’entreprise du Canada, qui a les mêmes actionnaires, les vieilles familles royales d’Europe sont les actionnaires de ces entreprises. En fait, leurs banquiers, qui sont les actionnaires, ont mis en place ces entreprises, l’entreprise du Canada.

Je fis une conférence dans une université à ce sujet et j’y dis ceci: “regardez ce numéro”, les élèves le regardèrent; j’ai dit: “savez-vous ce qu’est ce numéro ?” Ils dirent: “Non !”

Je leur dit alors “c’est le numéro d’enregistrement de l’entreprise Canada, vous pouvez le trouver sur internet.”

Le Canada est une entreprise qui a été enregistrée en tant que telle à Washington DC. C’est une entreprise à part entière avec ses actionnaires et elle est représentée sous le coup de la “loi de l’amirauté” britannique, de la loi des océans. Ils n’ont donc aucun droit de venir sur notre terre, de se positionner sur nos terres, d’y établir leur cours de justice, leurs gouvernements et tout ce qui s’ensuit, ils n’ont aucun droit de faire cela.

Ceci est une violation complète de la grande paix de Montréal et du traité wampum à deux rangées, les fondations de base de cette paix, et cela viole également leur propre loi des mers. Donc maintenant, ce qu’il s’est produit est qu’ils n’ont aucun droit sur nos ressources, mais le Canada a le plus de ressources possible pour pouvoir faire la guerre. Nous avons toutes les ressources possibles nécessaires, plus quelque chose de plus que je vais vous dire: En 1867 fut passée la loi sur l’Amérique du Nord Britannique (British North America Act ou BNAA), loi qui de manière supposée, créa officiellement le Canada, cela devait être soi-disant la constitution, mais ceci passa par le parlement britannique et dans cette loi il y a la section 109.

La section 109 de la loi stipule qu’un compte sera établi au profit des peuples autochtones et de tout l’argent qui sera fait des ventes, loyers, opérations commerciales, de tout ce qui sera fait des ressources du Canada, une portion de cet argent (NdT: qui fut établie à 40%…) devra être créditée sur ce compte qui fut appelé l’Indian Trust Fund.

Ceci fut fait et immédiatement après, l’entreprise Canada nouvellement établie passa une loi illégale, un passe-droit, qui n’est en fait que tout ce que peut faire une entreprise, qu’ils appelèrent la loi sur les Indiens ou Indian Act dans laquelle ils décrétèrent qu’une personne est quiconque n’est pas indien.

Ainsi fûmes-nous déclarés comme non-personnes. Ainsi ils devinrent les curateurs de notre fond, de notre argent, de l’Indian Trust Fund, et depuis ils ont utilisé ce fond pour construire le Canada. Toutes les voies de chemin de fer, tous les bâtiments, les bâtiments du parlement à Ottawa, tout ce que vous voulez, tout a été construit avec l’argent de l’Indian Trust Fund.

Robles: et égalememnt sur des terres volées.

Horn: Oui, sur des terres volées.

Robles: Toute l’Amérique du Nord a été construite sur des terres volées et sur la base d’un génocide, de trahison et de malveillance.

Horn: Tout est mal. Voici ce qu’il s’est passé. Ils ont passé cette loi, ils nous ont déclaré légalement non-personnes, ils ont pris l’argent de notre Indian Trust Fund et ils l’ont utilisé pour construire le Canada et maintenant ce fond vaut peut-être de l’ordre d’une centaine de milliers de milliards de dollars. Il y a autant d’argent sur ce fond. C’est le plus gros fond de Trust au monde… et nous n’y avons pas accès.

Robles: Existe t’il toujours aujourd’hui au Canada?

Horn: Oui. J’ai beaucoup écrit à ce sujet, quiconque serait intéressé, peut aller voir sur mon site internet mohawknationnews.com et chercher à Indian Trust Fund. J’ai écrit extensivement là-dessus. J’ai même publié un tableau qui montre comment notre argent est utilisé ppur soutenir les provinces du Canada et la façon dont tout ceci fut mis en place, manigancé pour que les provinces reçoivent tout le contrôle de nos ressources et qu’elles feraient des affaires avec des entreprises multinationales dont elles donneraient une part au gouvernement fédéral, mais tout ceci provient de nos ressources. L’argent va toujours dans le Trust Fund, et il y a beaucoup d’argent dessus.

Voici ce que j’ai fait: je suis au courant de ce fond depuis toujours, j’ai aujourd’hui 74 ans et je me suis dit, je suis fatiguée de tout ceci et en tant que femme Mohawk, j’ai dit “vous savez, je veux ma part de cet argent”.

Donc, j’ai écrit au premier ministre du Canada Stephen Harper et lui ai dit: “Je veux ma part de cet Indian Trust Fund. Il est là, il existe, je suis une des bénéficiaires de ce Trust.”

Ensuite j’ai écrit à Interpol et leur ai dit: “J’ai écrit au Canada au sujet de ma part de l’Indian Trust Fund et j’ai demandé qu’on me donne ma part, n’ayant pas eu de réponse, je désire que vous fassiez une enquête sur le pourquoi ils ne veulent pas me donner ma part de ce fond.” J’ai reçu en réponse une petite note d’Interpol, je pense donc que l’affaire suit son cours et qu’ils enquêtent.

Robles: Vraiment ?

Horn: Oui.

Robles: Vous pensez vraiment que c’est sérieux ?

Horn: Oui, c’est sérieux. Ils volent cet argent, les banquiers volent cet argent.

Robles: Nous le savons et nous savons qu’ils n’ont aucun droit de faire cela mais ce que je vous demandais si cela était sérieux qu’Interpol faisait vraiment quelque chose à ce sujet ?

Horn: Je ne sais pas. Mais je rend la chose publique. Ils ne peuvent pas l’ignorer car c’est un problème légal. L’argent a été volé, il l’a été par les banquiers, ils l’ont volé pendant tout ce temps. Je parle ici des banquiers internationaux. Ils sont les actionnaires de l’entreprise Canada et ils veulent cet argent et jusqu’ici ceci a été maintenu complètement secret. Mais je l’ai appris et j’ai finalement décidé de rendre cela public et maintenant il y a pas mal de gens qui commencent à m’envoyer plein d’informations complémentaires là-dessus.

C’est là, tout est une question de ressources qui nous sont volées et Harper, à l’heure où nous parlons, est parti en Amérique du Sud et il y est comme un représentant de voitures d’occasion, vendant des produits volés, il vend nos ressources, partout dans le monde. Il va en Chine et signe des accords commerciaux, il est venu en Russie également, il y a vendu nos ressources.

Je vais vous dire ce qu’ils ont fait. Ils ont établi une grille de contrôle faite de nos propres gens, cela s’appelle “le système de conseil de bandes indiennes d’entreprise”, qui travaille pour eux, sont payés par eux et qui sont des entités politico-commerciales intégrées à leur propre système.

Ils les ont placé responsables de chacun de nous sur nos territoires, dans les communautés où nous vivons. Si Harper dit: “Bon, je veux Attawapiskat parce qu’il y a des diamants là-dessous et De Beers doit y aller pour les exploiter.”

Ils vont sur place, trouve quelqu’un, un de leurs indiens d’entreprise et leur disent: “Ok signe ici!” Ce n’est pas légal, mais il dit “j’ai le consentement des autochtones”, même si cela est totalement illégal. Voilà ce qu’ils font.

Robles: Voilà comment ils continuent à violer la terre indienne.

Horn: C’est exactement ce qu’ils font. J’ai écrit à ce sujet depuis bien longtemps.. Ainsi, ce que j’ai dit est que le meilleur moyen que nous ayons pour lutter contre eux et de nous sauvegarger nous-mêmes en conservant et reprenant nos terres collectivement.

Maintenant, ce que le gouvernement canadien essaie de faire d’un coup de plume est de passer une loi stipulant que la terre doit être possédée individuellement, ainsi nous pouvons être appauvris et payer pour obtenir de la nourriture pour nous-mêmes et nos enfants, ils veulent nous acculer à vendre la terre à titre individuel. A l’heure actuelle, cela ne peut pas se produire, mais c’est de qu’ils vont faire. C’est pour cela que nous avons tous ces “Idle No More”, ces gens qui se soulèvent. Ensuite, la seconde chose que nous devrions faire est de nous séparer définitivement des conseils de tribus, de bandes entrepreneuriaux et leur grille de contrôle car cela est illégal et fait partie de l’entreprise commerciale. Ils ne nous représentent aucunement et nous devons faire face à tout ce mal qui se déchaîne contre nous et devons nous débarasser de cette peur.

J’ai maintenant 74 ans, je parle parce que je ne suis plus jeune, mais vous pouvez comprendre à quel point cela est compliqué. Je pense que vous comprenez.

Nous avons besoin de tout le soutien des gens à travers le monde parce que notre but est de stopper la guerre et nous voulons la paix pour tous dans le monde car c’est toute la base de la grande loi de la paix.

C’est pour cela que j’ai toujours l’énergie, même maintenant à un âge avancé, pour continuer de faire ce que je fais, je suis passé au travers bien des guerres et des altercations, mais si je peux diffuser le message que nous avons, que les Mohawks ont, et si vous pouvez nous aider avec çà, alors nous vous en serions tellement reconnaissant…

(formule de politesse de départ en Mohawk)

Robles: Merci

http://resistance71.wordpress.com/2013/08/12/resistance-au-colonialisme-en-amerique-du-nord-entretien-avec-la-fondatrice-de-mohawk-nation-news/

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